Reconstruire l’horloge

L’association se concrétise

L’association se concrétise 749 1000 HND

Depuis notre réunion du 7 juin, la médiatisation sur l’horloge de Notre-Dame et sa sœur de la Trinité a été importante.
Même si quelques inévitables approximations ont lieu, l’important est le message : « il y avait une horloge à Notre-Dame et il ne faut pas l’oublier dans le projet de restauration ». Il faut que des millions de personnes soient au courant afin que les autorités ne puissent pas faire la sourde oreille le jour ou un projet sera proposé.
« Une œuvre en péril non visible dont on ne parle pas finit généralement par disparaitre physiquement ». Ça s’applique tout-à-fait aux mouvements d’horloges d’édifice, patrimoine très souvent négligé parce-qu’invisible au public.
L’horloge mécanique et les 4 discrets cadrans de Notre-Dame ne dérogent pas à cette règle.
Sans médiatisation, elle risque encore plus de rester définitivement à l’état de débris relégués dans un coin de réserve.

Le premier objectif, « le faire savoir » a donc été atteint et cela continue : l’AFP transmet le sujet à ses abonnés qui le demandent, régulièrement des journalistes posent des questions sur le projet ou demandent les autorisations pour venir prendre des images à la Trinité.
Il faudra faire en sorte que le grand public puisse suivre les étapes d’après.
Les contacts pris avec plusieurs médias faciliteront sûrement les choses.

Après cette période estivale où il ne se passe pas grand-chose en raison des vacances, une association va être créée. Pour cela, nous aurons l’aide de professionnels (avocat, commissaire aux comptes) afin d’éviter les conflits d’intérêts et pouvoir recueillir des fonds.
L’objet social de l’association sera la préservation et la conservation du patrimoine industriel en péril que représente l’ensemble des horloges mécaniques d’édifices.
Bien-sûr, le premier travail de cette nouvelle structure qui regroupera des professionnels concernera l’horloge de Notre-Dame.

Cette première « affaire » sera la porte parole de toutes les autres horloges encore en place et dont l’intérêt patrimonial échappe la plupart du temps aux autorités ou aux propriétaires qui on ont la charge. Il arrive encore que des mouvements anciens, qui ne sont pas repérés par des amateurs qui «sauvent les meubles » en les rachetant, partent à la ferraille à l’occasion de rangements ou de travaux.
Les professionnels membres de l’association, horlogers, restaurateurs du patrimoine, conservateurs, experts, collectionneurs dont les connaissances seront utiles aux travaux de documentation, architectes… apporteront bénévolement leur expertise et proposeront des solutions pour la réhabilitation d’horloges délaissées ou en danger de destruction.
Trop souvent, les restaurations de ces vieilles machines se font sans documentation et examen préalable. Il en résulte parfois des catastrophes qui dénaturent de façon irréversible de magnifiques mouvements (décapages, polissages qui arrondissent les angles des pièces, modifications irréversibles).

Cette horloge est probablement ancienne… On ne peut l’affirmer.
Exemple d’une remise à neuf qui a complètement dénaturé l’objet.


À part quelques amateurs dispersés dans des associations plus généralistes, il n’existe pas de structure spécialisée regroupant des professionnels travaillant dans la sauvegarde et la restauration du patrimoine.
Les administrations ou les propriétaires auront la possibilité de consulter ce collège de professionnels qui leur proposera une expertise afin de connaître la procédure la mieux adaptée pour, dans un premier temps bloquer la dégradation d’un mouvement oxydé et ensuite éviter les dégâts faits à l’occasion de restaurations intrusives.

Cette horloge dans « son jus » est en bien meilleur état de conservation que l’exemple précédant : tous les espoirs sont permis… Il suffit de bien réfléchir avant d’agir.


L’association pourra recueillir des signalements d’horloges en péril et prendre contact avec les administrations qui en ont la charge ou les propriétaires.
Un travail d’inventaire général pourra être commencé, en commençant par regrouper les recensements déjà faits localement.

Ce mécanisme d’affichage des heures (horloge de nuit de Saint-Paul Saint-Louis) devait être remonté toute les huit heures !
Il a fallu trouver une solution en adaptant ce dispositif de remontage automatique tout en respectant scrupuleusement le mouvement d’origine. Cette « amélioration » est totalement réversible : aucune modification du mouvement, aucun perçage dans les montants. Le style de l’ensemble a été autant que possible respecté (métaux utilisés, forme des dentures et des croisages, têtes de vis identiques à celles du mouvement).

Les horloges gagnent à êtres connues et répertoriées. C’est le cas pour cette grosse horloge de Saint-Paul Saint-Louis, église décidément bien dotée en ce qui concerne l’horlogerie…

En ce qui concerne Notre-Dame cette association regroupant des (et pas « que des ») professionnels (ce qui lui donne une légitimité face aux autorités) permettra de commencer les travaux concrets :

  • Demande d’autorisation d’accès à la Trinité pour commencer les relevés sur l’horloge-sœur ;
  • Demande d’accès aux éléments de l’horloge de Notre-Dame qui ont été retrouvés ;
  • Collaboration avec les écoles pour intégrer le projet dans un programme pédagogique ;
  • Contacts avec des associations horlogère, des Associations d’anciens élèves d’écoles d’ingénieurs etc.

La future inscription des savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art de l’arc jurassien à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO (espérons que ça va se faire…) va sûrement offrir de belles opportunités pour le projet.
Pour financer cette première étude, l’association recueillera des dons qui permettront de faire face aux inévitables frais et éventuellement faire travailler des entreprises spécialisées (qui devront êtres en dehors de l’association pour éviter les conflits d’intérêts).

Le collège de professionnels et d’experts réfléchira en parallèle pour proposer des solutions pour la reconstruction de l’horloge. Le cahier des charges de l’ancienne horloge devra être respecté : taille ; fonctions, construction mécanique de qualité en vue d’une utilisation longue (l’ancienne horloge fonctionnait depuis 152 ans et aurait continué à donner l’heure pour plusieurs siècles).
Les débats porteront par exemple sur une reconstruction exactement à l’identique ou une nouvelle conception sous forme de chef d’œuvre (à l’exemple de l’horloge de l’Hôtel-de-Ville de Paris reconstruite après l’incendie de 1871).
Une fois un projet arrêté, l’association en fera la promotion afin qu’il soit intégré dans les futurs plans de reconstruction de la charpente.
Voilà pour les premières réflexions, afin de mettre en place un cadre qui permettra de commencer les travaux après cette période estivale…
Une prochaine réunion d’information et de débats sera organisée après la rentrée.

L’horloge de la Trinité

L’horloge de la Trinité 1202 800 BC

Visite guidée de l’horloge de la Trinité, par Jean-Baptiste Viot, horloger, restaurateur et président de l’association.

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ADRESSE :
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123, rue de Rome, 75017 Paris

MAIL :
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RNA :
W751254653

PHOTOGRAPHIES :
Bruno Cabanis
Jean-Baptiste Viot (Promouvoir un patrimoine horloger)

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